Balaruc-les-Bains, 12 rue du Port-rue Mongolfier (Hérault, 34)

De l’Antiquité au Moyen-Age à Balaruc-les-Bains

Le diagnostic archéologique mené en septembre 2006 par M. Piskorz a permis de mettre en avant plusieurs problématiques nécessitant une intervention archéologique plus étendue.

Lors du diagnostic, plusieurs phases d’occupation ont été reconnues, à savoir le Haut-Empire, l’Antiquité Tardive et le Moyen Âge central. Une fouille amenait donc à préciser la chronologie de ces différentes périodes à l’aide de vestiges mobiliers et immobiliers plus nombreux. Elle permettait aussi de vérifier la continuité ou non d’une occupation entre la fin de l’Antiquité et la période du Moyen Âge reconnue ici. Enfin, la fouille de ces deux parcelles devait permettre de comprendre l’ordonnancement du bâti et de mettre en évidence le rapport de ce dernier avec les autres structures, pour lesquelles il fallait établir la fonction. À une échelle plus globale, l’exploration archéologique de ces deux parcelles permettait de constater la présence ou non de vestiges à rattacher à l’agglomération antique de Balaruc-les-Bains. Aussi, était-il intéressant de voir si une occupation médiévale notable était présente dans ce secteur quand le seul témoin connu de cette période était, jusqu’alors, Notre-Dame-des-Eaux.

La fouille a tout d’abord permis de reconnaître une phase de « fréquentation » plus ancienne que la première des périodes reconnues durant le diagnostic. Il s’agit de trois tranchées formant ce que, par défaut, nous pourrions définir comme un enclos. Les traces laissées par sa présence étant trop ténues, de même que l’existence d’autres vestiges de la même période faisant défaut, cette structure n’est que le témoin d’une fréquentation à défaut d’une réelle occupation.

La période suivante, déjà repérée durant le diagnostic, est matérialisée par deux murs appartenant au même bâtiment dans l’angle sud-est du site et par une série d’autres murs et structures dans la partie centrale de la fouille, semblant faire partie d’un même ensemble. Dans la partie nord-ouest, le creusement de trois tranchées, dont l’une d’elles contenait un pot de fleur en place, laisse imaginer l’aménagement d’un jardin dans ce secteur. Enfin plusieurs fosses d’extraction ayant certainement servi pour la construction de murs en terre sont finalement comblées ensuite par des couches de dépotoir.

La fin de l’Antiquité, à l’image de ce qui avait été observé lors du diagnostic, est la période la plus représentée. Certaines des structures inscrites dans cette phase traduisent une occupation tandis que d’autres témoignent de l’abandon de certaines structures antérieures. La première catégorie de structures est représentée par des murs qui, même s’ils sont conservés de façon disparate, laissent imaginer l’existence d’ensembles bâtis dans l’angle nord-ouest du site durant cette période. Plus à l’est, un axe viaire nord-est/sud-ouest, du moins pour les derniers états (dans un premier état, dont on ne connaît pas la période exacte, l’axe viaire accuse une orientation vers le nord-ouest dans sa partie septentrionale) a été daté du Ve s. apr. J.-C. d’après le mobilier trouvé dans les dernières recharge. Des fosses, dont certaines ont une fonction indéterminée pendant que d’autres recoupent des murs, sont comblées par des niveaux de démolition et des couches de dépotoir. Le même type de comblement se retrouve dans les silos qui sont, pour cette période, dispersés en deux groupes distincts dans la partie nord et la partie centrale du site. Enfin des niveaux remaniés par l’aménagement du jardin actuel sont reconnaissables sous la forme de « grandes étendues » de sable gris et de mobilier contenant essentiellement des moules et quelques tessons de céramique.

La période alto-médiévale est représentée par une petite aire funéraire matérialisée par trois sépultures présentes dans la partie sud-est du site. À l’aide de datations par le radiocarbone, ces inhumations ont pu être regroupées au sein d’une même période comprise entre le milieu du VIIe s. et le troisième quart du VIIIe s.

Enfin, la période du Moyen Âge central – et particulièrement la période comprise entre les Xe et XIe siècles –, est représentée par une aire d’ensilage. Celle-ci est matérialisée par trois groupes de silos : le premier au nord-ouest, le deuxième au centre, et le dernier dans la partie nord-est du site. Certains sont comblés par la récupération de matériaux de démolition, dont certains éléments de bâti du Haut-Empire, et de niveaux de dépotoir, tandis que l’abandon des autres est matérialisé par le rejet de mobilier datant exclusivement des Xe-XIe siècles. Ces vestiges témoignent donc de la présence de structures de conservation du grain appartenant à différentes unités familiales.

Les apports de la fouille sont donc multiples. Comme nous l’avons dit précédemment, un phasage précis des structures a pu être établi. Ainsi, nous avons pu voir que le site a été fréquenté depuis une période se situant au moins avant la fin du Ier s. apr. J.-C. Des vestiges plus nombreux durant le Haut-Empire témoignent d’une occupation durant cette période. En revanche, avant l’occupation de la fin de l’Antiquité, on observe un hiatus, de même qu’après l’abandon de certaines structures durant cette dernière période jusqu’aux VIIe-VIIIe siècles. ainsi qu’entre le haut Moyen Âge et les Xe-XIe siècles.

Par conséquent, la première phase (tardo-républicaine ?) semble être caractérisée par la présence d’un enclos tandis que les vestiges du Haut-Empire semblent témoigner d’un quartier de l’agglomération gallo-romaine. À la fin de l’Antiquité, les vestiges montrent que l’agglomération existe toujours dans ce secteur par la présence de certains éléments de bâtis, tandis que d’autres bâtiments construits antérieurement sont détruits. Ces derniers bâtiments détruits laissent alors place à deux aires d’ensilage. Ensuite, c’est seulement aux VIIe-VIIIe siècles que le secteur sud-est du site prend la vocation d’une aire funéraire et scelle l’utilisation de l’axe viaire. Enfin, durant les Xe-XIe siècles, l’aire d’ensilage réutilisant certains espaces déjà dédiés à cette fonction durant la fin de l’Antiquité, nous laisse soupçonner l’existence d’exploitations agricoles plus ou moins importantes dans un rayon relativement proche.

En définitive, si l’exploration archéologique de ces parcelles a contribué à montrer la présence d’un quartier de l’agglomération antique, elle a aussi permis de soupçonner une continuité de l’utilisation de la nécropole de la fin de l’Antiquité du site de Rive-Bleue et son extension vers le nord-est. Cette fouille a enfin permis de mettre au jour les premiers vestiges témoins d’une occupation des Xe-XIe siècles à Balaruc-les-Bains.

S. Mayoud

Balaruc-les-Bains.. Vue générale de l'axe viaire et sépulture en premier plan.

Balaruc-les-Bains. Vue générale de l’axe viaire et sépulture en premier plan.

Commune: Balaruc-les-Bains
Adresse / lieu-dit: 12 rue du Port-rue Mongolfier
Canton / Département: Hérault (34)
Pays: France

Date de l’intervention:
du: 01-08-2007 au: 14-09-2007

Période(s) concernée(s): Tardo-Républicain, Haut Empire, Antiquité Tardive, Haut Moyen Âge, Moyen Âge

Nature de l’intervention: Opération d’archéologie préventive dans le cadre du projet de construction d’habitations

Surface: 823 m²

Responsable d’opération: S. Mayoud

Suivi scientifique: J.-P. Giraud (Drac-Sra Languedoc- Roussillon)

Aménageur: SOGERIM

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