Feurs, 3-5 rue d’Assier (Loire, 42)

La fouille aux nos 3 et 5 rue d’Assier à Feurs s’inscrit dans le cadre de la construction d’un collectif de logements et de garages. Cette opération a considérablement enrichi les connaissances de la voirie desservant le quartier sis à l’est du forum, au sein de l’agglomération romaine. Les îlots adjacents ont également été partiellement touchés, mais les surfaces concernées sont trop restreintes pour restituer des plans de maison.

La fouille n’a livré aucun vestige d’époque gauloise, confirmant ainsi les observations réalisées dans ce secteur. Les premiers niveaux d’installation de la trame urbaine orthogonale de l’agglomération gallo-romaine ont pu être mis évidence dans l’emprise des zones fouillées. L’occupation du quartier, qui se développe vraisemblablement dès le règne de Tibère, est attestée jusqu’au IIIe siècle. L’état d’arasement des vestiges laisse toutefois penser que les niveaux les plus tardifs ont été détruits.

Le tracé du cardo I et du decumanus B a été précisé grâce aux tronçons dégagés dans le cadre de cette opération. Une partie de leur carrefour a d’ailleurs été mise en évidence au 5 rue d’Assier, mais ses limites exactes et son évolution n’ont été que partiellement définies. L’évolution de la voirie correspond aux observations déjà faites ailleurs à Feurs. Les chaussées initiales semblent aménagées sur les sables naturels, sans qu’une préparation spécifique ait été jugée nécessaire. La fouille a cependant montré qu’une inondation avait peut-être provoqué une importante surélévation de la chaussée à l’époque claudienne. Les exhaussements ultérieurs, qui alternent avec des couches d’embourbement, sont, en revanche, moins spectaculaires et s’apparentent davantage à des réfections habituelles pour ce type de structures. L’épaisseur de l’ensemble des recharges varie entre 0,80 m et 1,2 m.
Les rues étudiées sont bordées par des caniveaux longeant la bande de roulement. Les comblements et les recreusements successifs témoignent d’une évolution liée au développement de la voirie. Une canalisation maçonnée courant le long du cardo à l’ouest a également été aménagée tardivement. Cet égout évacuait les eaux usées en direction du nord.

La fouille a également mis en évidence le développement des aménagements bordiers, avec la transformation progressive des zones de trottoir en portique : en effet, aucun portique n’est attesté durant la première phase d’occupation du quartier. Ceux-ci semblent construits plus tardivement, vraisemblablement dans le courant du IIe siècle.
Cette opération a aussi concerné l’emprise de modestes surfaces d’îlots. Si les zones explorées ne permettent pas de restituer de plan, elles ont livré des renseignements ponctuels témoignant d’une occupation rythmée par de nombreuses transformations. La découverte la plus remarquable consiste en un dépôt de quatre vases disposés sous un foyer. Ils contenaient des esquilles d’ossements brûlés dont on ne peut exclure l’identification à des restes humains. Il s’agit vraisemblablement d’un dépôt de fondation dont le caractère funéraire ne peut pas être totalement écarté.

Assier 3. Vue de la surface conservée du cardo. On distingue au centre de la photo, au premier plan, les trois ornières.

Assier 3. Vue de la surface conservée du cardo. On distingue au centre de la photo, au premier plan, les trois ornières.

Commune: Feurs
Adresse / lieu-dit: 3-5 rue d’Assier
Canton / Département: Loire (42)
Pays: France

Date de l’intervention:
du 25-04-2006 au 19-05-2006

Période(s) concernée(s): Antiquité

Nature de l’intervention: Opération d’archéologie préventive pour la construction d’un collectif de logements et de garages

Surface: 400 m²

Responsable d’opération: S. Freudiger

Suivi scientifique: M-A. Gaidon-Bunuel (Drac-Sra Rhône-Alpes)

Aménageur: S.C.I. la Maison d’Urfé

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