La Motte-en-Bauges, chez Dalphin (Savoie, 73)

Une opération de fouille préventive a été réalisée sur la commune de La Motte-en-Bauges, au lieu-dit « Chez Dalphin », du 16 août au 24 septembre 2010.
Cette intervention concerne une surface de 1112 m2 et précède la construction d’une maison individuelle. Les parcelles concernées par le projet avaient fait l’objet d’une campagne de sondages de diagnostic menée en janvier 2007 par P. Réthoré (Inrap).

La fouille a permis de mettre au jour des aménagements romains, et plus particulièrement un bâtiment appartenant à la pars rustica d’une villa. Un réaménagement foncier daté du haut Moyen Âge a également été mis en évidence. En dépit d’une importante puissance stratigraphique et d’un bon état de conservation des vestiges du bâtiment, la fouille n’a livré qu’un rare mobilier.

La première occupation du site se déroule durant la seconde moitié du IIe s. apr. J.-C. Les structures reconnues pour cette période appartiennent à une implantation qu’il n’a pas été possible d’appréhender et regroupent un chemin aménagé, des niveaux de sol en cailloutis et quelques rares structures fossoyées.
Cependant, l’observation de la stratigraphie a permis de déterminer que la fréquentation du lieu était importante. Ces vestiges sont très probablement liés aux premiers aménagements de la pars rustica de la villa reconnue en 1987 à 60 mètres au nord du site, et dont l’installation daterait de la fin du Ier s. apr. J.-C.

Par ailleurs, l’étude des déchets métalliques a permis de déterminer qu’une forge où se pratiquait la fabrication et la réparation d’objets ainsi que l’épurage de loupes de fer se situait non loin du site exploré.

Une couche de colluvion issue d’un glissement de terrain scelle ces vestiges. Suite à cet événement dont l’ampleur et les conséquences nous échappent, le terrain est réaménagé et un bâtiment à vocation mixte est édifié. Ce dernier est composé d’une forge et d’une pièce d’habitation. Dans un deuxième temps, la partie artisanale est réaménagée mais la destination des nouveaux équipements n’a pas pu être déterminée. L’ensemble de cette phase a lieu dans le courant du IIIe s. apr. J.-C.
Le bâtiment est détruit par un incendie entre la fin de ce siècle et le début du Ve s apr. J.-C. Ses matériaux sont progressivement récupérés puis la démolition est épandue et utilisée à des fins de remblaiement.

D’importants réaménagements fonciers sont entrepris dans le courant du haut Moyen Âge. Ils se caractérisent par l’aménagement d’un talus empierré et l’édification d’un mur en pierres sèches tout deux d’orientation nord-sud.

En haut de la pente, en périphérie de ces aménagements, des traces de culture fruitière ont également été reconnues sans que leur datation n’ait pu être précisée.

Cette opération vient compléter deux campagnes de sondages menées sur la pars rustica de la villa. Cette dernière n’a pu être observée que sommairement lors des travaux de construction sur la parcelle 2450 effectués en 1987.

L’ensemble de cet établissement – dont seule une petite partie a été reconnue – est, pour le moment, l’unique construction romaine identifiée dans les Bauges. Le potentiel archéologique de cette région fortement boisée et à la faible densité de population reste aujourd’hui encore très largement méconnu.

La Motte-en-Bauges. Cliché du local L1 vu en direction de l'est.

La Motte-en-Bauges. Cliché du local L1 vu en direction de l’est.

Commune: La Motte-en-Bauges
Adresse / lieu-dit: chez Dalphin
Canton / Département: Savoie (73)
Pays: France

Date de l’intervention:
du 16-08-2010 au 24-09-2010

Période(s) concernée(s): Antiquité, Moyen-Âge

Surface: 1 100 m²

Responsable d’opération: B. Julita

Suivi scientifique: M.-P. Feuillet (Drac-Sra Rhône-Alpes)

Aménageur: O. Mellion

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