Onnens, A5 Praz Berthoud (Vaud)

Ce chantier fait partie de la vaste opération d’archéologie préventive réalisée sur le tracé de l’autoroute A5.
La plus ancienne période représentée sur le site est le Mésolithique. Praz Berthoud constitue l’un des plus grands gisements en plein air des derniers chasseurs-cueilleurs jamais fouillé. La surface traitée s’élève en effet à plus de 1 100 m2.

Il a été nécessaire d’adapter les méthodes de fouilles utilisées sur vaste site. Les niveaux ont été prélevés par quart de m2 afin de tamiser les sédiments pour récolter les plus petits éléments de l’outillage, notamment les armatures de flèches en silex ou microlithes (pointes, triangles, trapèzes). Compte tenu des contraintes de temps, un quart du sédiment par mètre carré a été tamisé au cours de la fouille (quart « A »), les trois autres quarts (« B, C et D ») ont été stockés en vue d’un tamisage différé.

Les restes d’occupations mis au jour sont matérialisés par des foyers à plat ou en cuvette, associés à des fragments osseux d’animaux ainsi qu’à des éclats et des lamelles de silex, des nuclei, des microburins et des outils (microlithes, grattoirs, éclats et lamelles retouchés).
Quelques aires d’activités spécialisées dans la taille du silex ont, par ailleurs, été observées lors de la fouille. Elles apparaissent sous la forme d’ensembles d’éclats et d’un nucleus de matière première identique ainsi que de remontages d’éclats. Le travail de dégraissage des peaux d’animaux est également attesté par plusieurs grattoirs répartis sur de faibles surfaces.

Plusieurs phases chronologiques ont été identifiées sur la base des types d’outils découverts. Les plus anciennes se rapportent au début du Mésolithique Moyen, soit vers 8000 ans av. J.-C. Elles sont caractérisées par des pointes effilées et des triangles scalènes ou isocèles de très petite dimension.
Des trapèzes et des lamelles encochées (lamelles Montbani) témoignent d’occupations du site au cours du Mésolithique Récent, entre 7000 et 6000 ans av. J.-C. environ. Un horizon postérieur, attribuable à la phase de transition, peut-être inédite, entre le Mésolithique et le Néolithique, a livré des trapèzes qui renvoient au Mésolithique Récent en association avec des fléchettes en silex et des tessons de céramique contenant des fragments de fossiles broyés, qui évoquent le début du Néolithique.
Signalons enfin la découverte de la sépulture d’un enfant âgé d’environ trois ans, datée au carbone 14 du deuxième quart du Ve millénaire av. J.-C. Le squelette reposait en décubitus dorsal, la tête à l’est, au centre d’une fosse ovale orientée est-ouest. Le niveau d’ouverture et le remplissage de la fosse semblent indiquer une association (sous réserve) avec l’horizon de transition de la fin du Mésolithique.

Les époques du Néolithique Moyen, Récent et Final, sont représentées par un abondant mobilier céramique et lithique (notamment des pointes de flèches, grattoirs, nuclei et éclats en silex, haches en pierre polie, meules, mollettes, etc.). De plus, de nombreuses traces d’habitats (trous de poteau, foyers, etc.) formant le plan d’au moins une construction ont été mises au jour. Certaines datent d’une période rarement mise en évidence : le Campaniforme.

Le monde funéraire est également représenté sous la forme d’un très probable dolmen (monument funéraire mégalithique unique dans le canton).

Durant l’âge du Bronze, outre plusieurs dizaines de traces de poteaux plantés, plusieurs vastes structures inédites, à fonctions peut-être cultuelles, ont été aménagées sur ce site. Il s’agit principalement de fossés de formes variables, plus ou moins empierrés et d’une sorte de vaste « podium » empierré.

La fonction cultuelle et funéraire du site se poursuit durant le Premier âge du Fer. En effet, un monument funéraire inédit, constitué de dalles de calcaire dressées formant un cercle de 5,70 m de diamètre, a été repéré. Une autre dalle, implantée au centre, a été mise en évidence, en association avec deux tombes à incinération. De plus, un tumulus ceinturé par un fossé empierré de 15 m de diamètre, associé à une tombe à inhumation et à un chemin d’accès, a été mis au jour, ainsi que plusieurs sépultures à incinérations.

Durant le Second âge du Fer, plusieurs fosses à dépôts votifs et traces de bâtiments (trous de poteau) associées à un abondant mobilier archéologique (fibules, céramique peinte, etc.) ont été découvertes, ainsi que d’autres tombes à incinérations.

La période gallo-romaine est représentée par les vestiges de deux bâtiments en bois et par une voie romaine permettant d’accéder à la source de Praz Berthoud (une fontaine encore en fonction actuellement).

Depuis cette même source, une conduite en bois a été implantée durant le Bas Moyen Âge, au XVe s. apr. J.-C.

Vue générale en direction du nord du site de Onnens, Praz Berthoud en cours de fouille, en février 2002. Photo : Chr. Falquet (SIPAL).

Vue générale en direction du nord du site de Onnens, Praz Berthoud en cours de fouille, en février 2002.
Photo : Chr. Falquet (SIPAL).

Commune: Onnens
Adresse / lieu-dit: Praz Berthoud
Canton / Département: Vaud
Pays: Suisse

Date de l’intervention:
du 03/1997 au 05/2004

Période(s) concernée(s): Préhistoire, Protohistoire, Antiquité, Moyen Âge

Nature de l’intervention: Opération d’archéologie préventive sur le tracé de l’autoroute A5

Surface: 10 000 m²

Responsable d’opération: Ch. Falquet (SIPAL)

Suivi scientifique: D. Weidmann (SIPAL, archéologue cantonal)

Aménageur: Office fédérale des routes

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